Théorie des étrangers

François Laruelle, Théorie des Etrangers. Science des hommes, démocratie, non-psychanalyse, Paris, Kimé, « Bibliothèque de non-philosophie », 1995.

Qui est l'Etranger  une idée neuve.
Les contradictions de la philosophie s'exacerbent autour de la science et de l'homme. Cet essai tente d'apporter aux antinomies de la philosophie avec la psychanalyse, avec la démocratie, avec l'Etranger, une solution unique par la fondation d'une « théorie unifiée » — unifiée par l'homme comme instance du Réel. Selon les matériaux qu'elle utilise, elle prend la forme d'une science des multitudes humaines (plutôt que des sciences de l'homme), d'une théorie démocratique (plutôt que d'une philosophie de la démocratie), d'une non-psychanalyse (plutôt que d'une philosophie de la psychanalyse).
Au centre du dispositif, il y a l'homme : ni « sujet » ni « individu », ni « conscience » ni « inconscient », mais « Etranger ». Les différentes directions de ces recherches convergent vers l'Etranger. L'Etranger est la définition de l'homme, l'objet réel unique de la philosophie et des Sciences humaines, la clé de la démocratie. Recevant enfin son concept, l'Etranger se révèle comme le vrai contenu du « sujet ».
Un théorème transcendantal ouvre le champ de la nouvelle discipline : Moi et l'Etranger sommes identiques en-dernière-instance. De là une réforme de nos préjugés sur l'Etranger et l'abandon de la pensée par laquo; différence » — sinon de la philosophie du moins de la suffisance philosophique : lui aussi possède une identité radicale, lui aussi peut-être l'objet d'une théorie rigoureuse... Nous sommes tous — tout un chacun — des Etrangers.

F. L.